Ramandji - Manière de voir octobre novembre 2015

 

Une courte recension du livre Ramandji. Ceux d’ici, République centrafricaine, par la revue Manière de voir – Le Monde diplomatique, n°143, octobre-novembre 2015, page 70

 

« Fille de l’ancien président centrafricain, Barthélémy Boganda, Wamg Boganda a effectué en 2008 un long séjour à Bangui, dans le quartier de Ramandji en compagnie du photographe Francis Busignies. Son carnet de voyage donne la parole aux habitants et restitue leur dialogue marqué par la colère face à la pauvreté, à la décomposition sociale, au chaos politique. »

 

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/143/

 

 

 

Ramandji - Recension par Yves Boulvert, de l'Académie des sciences d'outre-mer

ACADÉMIE DES SCIENCES D'OUTRE-MER

Voici la lecture qu'Yves Boulvert, de l'Académie des sciences d'outre-mer, fait de Ramandji :

L’atelier d’édition Da Ti M'Beti (La Maison de papier) vient de sortir (novembre 2014), sur beau papier, un ouvrage soigné intitulé "Ramandji. Ceux d’ici, République centrafricaine", du nom d’un quartier périphérique de Bangui, constitué en dépit des risques à l’extrémité de l’aéroport.

L’auteur en est Wamg (acronyme de ses prénoms: Wolotegba, Agnès, Monique, Gabrielle) Boganda, fille du Président fondateur de RCA, Barthélémy Boganda, tragiquement décédé en 1959. Sa grand-mère Silibé est évoquée et invoquée au centre du livre. Les pages de droite sont dédiées à un remarquable reportage photographique de Francis Busignies sur la vie quotidienne dans ce quartier en décembre 2008. L’avant-propos de leur fils, Benjamin Busignies-Boganda, explicite leur projet : porter un regard extérieur sur la vie quotidienne des Centrafricains. Les entretiens recueillis à cette occasion devaient être réitérés mais les événements tragiques de 2012 en ont décidé autrement.

La première partie évoque la joie de vivre africaine mais aussi les difficultés de tous les jours : « La fontaine ne possède que trois robinets alors que des milliers de personnes habitent ici ... Ma petite fille était malade. Je l’ai emmenée à l’hôpital. Eux n’avaient pas le médicament. Moi, je n’avais pas d’argent. Ils ne se sont pas occupés d’elle ... Quatre personnes furent accusées de sorcellerie. Elles furent lapidées jusqu’à la mort ... Le pouvoir politique (pouvoir voyou) ne semble être porté que par la goinfrerie ... ».

Vint l’époque des brutalités : les « groupes armés qu’ils viennent du Soudan, du Tchad ou même du Congo ... ils te tuent d’un coup ou ils te saignent ... Que faire contre celui qui avilit, humilie, salit et ainsi détruit un peuple ? Pour que les instances regardent, il faut des corps tailladés, découpés, écrabouillés ... ». « De telles scélératesses installent un absurde criminel et criminogène sidérant». «Commet un crime qui tue, viole, mutile ... qui s’approprie l’Etat, spoliant le peuple ... qui exploite ... toutes richesses à son profit exclusif ». Désormais, « la ville effraie. Elle est bruyante, sale, déchiquetée, désordonnée, soumise et vénale ... ».

« La joie est chose première ici ... pourtant la souffrance est lourde ». L’auteur mêle à une langue riche de termes philosophiques, des néologismes et quelques africanismes («doigter quelqu’un»). Cet ouvrage très original se termine par une exhortation aux Centrafricains : « A vous de prendre la main sur vos affaires » rappelant le mot d’ordre de Boganda : « Zo kwe Zo : Tout être humain est une personne ».

 

Yves BOULVERT

 

http://www.academieoutremer.fr/recensions/notice.php?aId=1134

 

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : TRAVERSER LE [PRÉ]VISIBLE.

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Il est toujours délicat de juger une situation distante de soi et qu’on ne subit pas.

Voyez-vous, il nous est arrivé, il y a deux ou trois mois, de proposer le livre RAMANDJI Ceux d’ici, République centrafricaine, que nous avons publié, à deux personnes, françaises, à Paris. Bien sûr, nous avions envoyé comme il se doit un certain nombre de services de presse à parution… Mais ces deux personnes, dotées de quelque importance dans leurs domaines respectifs, nous ont répondu négativement sur la seule indication de la République centrafricaine, allant à décliner l’invitation de seulement prendre le livre en mains. Deux phrases : « Non, il y a trop de choses » ; « Non, c’est trop tard ». Deux phrases, définitives. Un harassement ?

Deux phrases qui ressortiraient de la seule anecdote si ne s’égrenaient les interruptions et les retraits de financements de partenaires bilatéraux ou d’agences internationales faute d’obtenir comptes rendus et comptabilités sur des programmes  dont les effets demeurent invisibles. D’autre part, le général Trinquand interrogé sur France24 est fondé, sans doute, lorsqu’il avance que des organisations internationales ne mettront en place aucun financement pérenne avec un gouvernement de transition. Ont-elles jamais obtenu des comptes sérieux alors que les multiples versements (et autres contributions) furent détournés à des fins patrimoniales. Faut-il supposer que le vase finit par être trop étroit, ou trop visible ? Restent les « assistances » militaires, et quelques humanitaires.

Il y aurait donc urgence à tourner la page d’une transition qui s’éternise ?

Résumons pour mémoire : en 2008, entre 3,5 et 4 millions de Centrafricains (aucun chiffres précis et réellement fiables). Aujourd’hui, en tenant compte des déplacés et expatriés forcés, reste-t-il 2,5 ou 3 millions de Centrafricains dans les limites frontalières ? Retenons le chiffre de 3 millions. Sur ces 3 millions, 800 000, peut-être 1 million à Bangui, quelques centaines de milliers répartis dans les quelques villes de province, le reste éparpillé. Tous sur un territoire de 623 000 km2 (grossièrement la superficie de la France augmentée de la Belgique). Tous sur un territoire intégralement désorganisé. Tous malnutris ou dorénavant, pire. Tous soumis à des bandes et factions manipulées, instrumentalisées. Tous privés d’une instruction de base, régulière et continue dans le temps. Tous interdits de concevoir et d’entreprendre. Tous interdits. Depuis combien de décennies, depuis combien de présidents ?

Et ?

75 candidats et quelques (soixante quinze… ! Chiffre semblant être retenu en juin 2015) déclarés à l’élection présidentielle promise avant fin 2015, selon les engagements des autorités de transition. Il importe de croire que parmi ces candidats s’en trouvent certains que – dans une telle occurrence – l’on peut souhaiter en nombre significatif, revêtant les qualités réelles et nécessaires, et l’attachement intègre et déterminé aux besoins et aspirations de leur peuple ?

Mais en tout état de cause, il semblerait bien que ces candidats espérés seront confrontés à quelques vieux briscards et autres jeunes loups adossés à leurs parentèles et clientèles, parties au système en place depuis fort longtemps dans ses phases successives, interchangeables dans un jeu funeste de substitutions, dans toutes les positions ou postures politiques, et à tous les échelons de la haute et basse administration. Honki de Sassara, dans Centrafrique  La dérive singulière (1), dresse un état des lieux dénué d’ambiguïté : « D’un certain point de vue ils sont entrés en politique comme on postule et accède à un nouveau poste, une nouvelle position offrant un meilleur salaire et plus d’avantages, avec la satisfaction de la réussite personnelle et le souhait que tout cela ne s’arrête jamais. On les dit cadres politiques et dirigeants mais ils sont de purs produits de l’égoïsme qui ont besoin de maintenir la population dans l’obscurantisme pour durer. Trop conscients d’occuper des positions qu’ils ne méritent guère, mus par la volonté farouche de s’accrocher aux privilèges induits, ils refuseront de collaborer avec des cadres normalement formés et compétents pour occuper ces postes ; ils leur créeront toutes sortes de problèmes à seule fin de les décourager et leur faire quitter le pays parce qu’ils constituent des menaces sur leur position et ses avantages. La population a pris l’habitude d’entendre les mêmes noms cités et les mêmes voix, ou de voir les mêmes visages revenir à la tête des différentes institutions de l’État. Chaque changement annoncé se réduit à de simples permutations sur des postes. À la longue ces hommes politiques sont devenus interchangeables ; ils ont réussi à convaincre nombre de leurs compatriotes qu’ils sont indispensables et par conséquent irremplaçables. Mais au fond d’eux mêmes ils savent qu’ils sont des escrocs politiques, parasites de l’économie nationale ; leurs positions et privilèges ne reposent que sur l’arriération politique de la population qu’ils maintiennent dans l’ignorance de ses droits. Ils dorment d’un œil, perpétuellement hantés par la contestation sociale qui les balaierait. Ils savent cette issue des mouvements de revendications sociales inéluctable pour peu que les forces de répression, qu’ils entretiennent à grands frais, se laissent déborder une seule fois. Ils redoutent chaque jour ce saut dans le vide synonyme de leur effacement politique. » (page 126)

Dans ces conditions, des élections précipitées qui auront biaisé, si l’on retient des us et coutumes établis de longue date, toutes les questions essentielles afin de remettre en scène une démocratie de monstration, aux seules fins de voir à nouveau couler le robinet d’aides au développement que la population ne soupçonne qu’à peine en regard de ce qu’elle n’a pas reçu. De telles élections clôtureront une transition mais assurément vers un transitoire encore et toujours garantie de nouvelles épreuves dramatiques.

Faut-il, dans son insistance et son appui à ces élections, organisées de la sorte et sur de telles considérations, penser avec Honki de Sassara que « la France ne sait toujours pas plus qu’à l’époque ce qu’elle pourrait bien faire de ce territoire » (1) (page 8) ? Il est vrai : ce territoire est indépendant, mais la France n’en est pas absente, il est vrai : avec l’onction internationale.

Que ces élections aient lieu, qu’un ou une président(e) soit élu(e), les partenaires bilatéraux, les organismes internationaux réclameront-ils des comptes quant à l’efficience de programmes d’aide ? Ou pas ? Ou avec une mauvaise obstination ?

À l’issue, probablement et malheureusement pas définitive, de décennies de gabegies insensées, un peuple se trouve dans une détresse insondable. On éprouve comme une suffocation à relire un René Dumont, un François Xavier Verschave, un Stephen Smith.

Didier Bigo, bien que fort timidement, esquisse néanmoins un chemin dans Pouvoir et obéissance en Centrafrique (2) : « Le quotidien et la science politique ont du mal à cohabiter. Durant trop longtemps, le quotidien, le banal, fut exclu des recherches, mais cette occultation a des incidences. » (page 205) Il poursuit : « Les “dominés” sont souvent moins prisonniers que “l’observateur” du discours de pouvoir. » (page 209) Il poursuit encore : « Certes, il existe une imagination purement reproductrice ne faisant qu’imiter par la représentation un réel préexistant, mais il existe aussi une imagination créatrice qui érige un monde sans modèle… ».

Nous avons été immergés durant trois semaines dans un quartier de Bangui. Sans doute l’un des plus pauvres, ce qui n’est pas peu dire. Trois semaines seulement direz-vous mais, ne serait-ce qu’en trois semaines, il nous a été donné de rencontrer des personnes dotées de discernement, capables de trouver la bonne distance à l’endroit de ce qu’elles savent les étreindre. Lucides à distinguer ce et ceux. Il suffisait, il suffit de les écouter avec considération. RAMANDJI… en témoigne autant qu’il est possible.

« Déclarerez-vous le monde que vous désirez, la marche à entreprendre, la route à suivre, tout ce qui, déjà par la seule profération, excède le juste vivre ? » interroge Wamg Boganda (3) (page 100).

Pas encore tout à fait, apparemment, mais ces quelques personnes rencontrées à Ramandji ne sont certainement pas les seules. D’autres, jeunes, adultes, femmes et hommes, de toutes les religions, dans d’autres quartiers, dans des villages, sont en mesure de dire leur vie, d’appréhender les modalités de la vie qu’ils souhaitent pour eux et pour leurs enfants. Avec lucidité et une objectivité pratique.

Alors pourquoi ? Pourquoi renouveler un simulacre pathétique de l’imposture sans cesse renouvelée depuis trop de temps ? Donner des noms comme le fit Georges Clémenceau à la tribune de l’Assemblée française ? Ils sont tous connus et ils sont connus de tous. Sans exception. Alors ?

N’est-il pas temps de laisser être les êtres humains par des médiations à leur pensée, à leur main, à leur savoir faire ? Une impulsion suffirait, tenace et honnête, soutenue dans le temps, pour que des conseils de quartier, de villages – ou quel qu’en soit le nom pour autant qu’une participation, les propositions et une évaluation actives soient effectivement prises en considération – permettent de remonter une information vitale pour tous, pour que des compétences soient révélées et reconnues et respectées et surtout positivement employées. Il serait naïf de prétendre la levée instantanée de toutes les difficultés mais peut-être, alors, l’imposture serait-elle en voie d’être congédiée (3) (page 98).

Il est stupéfiant de voir la désinvolture volontaire qui préside aux décisions avancées, et soutenues, grosses des mêmes dérives.

« Tourmentés par cette énigme, presque tous les peuples ont façonné un mythe sur leur origine, leur nature et leur destin, bien que trop souvent les créateurs de mythes se soient seulement souciés d’expliquer comment leurs semblables étaient devenus des Babylonniens, des Grecs, des Juifs, des Romains ou des Japonais, et non quand et comment ils étaient devenus des hommes. » (4) Dans cette énumération, évidemment ouverte, les Centrafricains ont leur place pleine et entière.

FB – DA TI M’BETI, août 2015



1 - Honki de SASSARA, Centrafrique La dérive singulière, éd. L’Harmattan, 2014.

2 - Didier BIGO, Pouvoir et obéissance en Centrafrique, éd. Karthala, 1988.

3 - Wamg BOGANDA, Benjamin Busignies-Boganda, photos Francis Busignies,
     RAMANDJI  Ceux d’ici, République centrafricaine, éd. DA TI M’BETI, 2014.

4 - Lewis MUMFORD, Les Transformations de l’homme (titre original : The Transformations of man,
     1956). Pour la traduction française : éd. de l’Encyclopédie des nuisances, 2008.

 

 

 

 

Recension Le Monde Diplomatique

mai 2015

« Je sais : tu es en colère. Le totem de ton père était-il la tornade, le vent de la tornade, pour que ta colère soit ainsi ? Nous t’écouterons. Et nous parlerons. Ainsi nous nous parlerons le temps qui nous sera donné d’être ensemble. C’est ainsi aujourd’hui : dire sa pensée à l’œil du destin. » Cet extrait d’un chant-poème nzakara inaugure et éclaire le récit de Wamg Boganda. Fille du président centrafricain Barthélémy Boganda, décédé mystérieusement sans un accident d’avion en 1959, elle a effectué en 2013 un long séjour à Bangui, dans le quartier de Ramandji, en compagnie du photographe Francis Busignies. Son carnet de voyage donne la parole aux habitants et restitue leur dialogue marqué par la colère face à la pauvreté, à la décomposition sociale, au chaos politique. Mais tant les clichés en noir et blanc que le récit expriment aussi la confiance dans la force d’un peuple qui, au-delà de la survie, veut croire en son avenir. « Nous savons le monde que nous voulons. Un vivre bien ici pour chacun et pour tous. Un combat, rien qu’un combat, dur, juste, possible. Nous saurons faire le monde que nous voulons. »  CHRISTIAN LAPEYROUX

(Le séjour à Bangui ne fut pas effectué en 2013, mais en 2008. Note de Da Ti M’Beti)

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/LAPEYROUX/52972

 

 

Ramandji - librairie Michèle Ignazi

Le livre RAMANDJI Ceux d’ici, République centrafricaine

a été présenté le 9 décembre 2014 à la Librairie Michèle Ignazi, à Paris.

Une très courte présentation en a été faite :

 

«  Contrairement à ce que pourrait laisser croire la chronologie, ce livre n’est pas de circonstance. Encore moins opportuniste.

 

Même s’il est difficile, voire impossible dorénavant, d’évacuer ce qui se passe depuis deux années en RCA, ce livre se fonde principalement, cardinalement devrais-je dire, sur le séjour que Wamg Boganda, Benjamin et moi-même y avons effectué  en décembre 2008.

 

Ce séjour mérite donc d’être situé.

 

En amont deux repères :

 

Un voyage au Rwanda, en 2004, qui nous ébranla. Même à considérer que les situations de ces deux pays, Rwanda et RCA, ne sont comparables en rien, le bouleversement des instants alors vécus conduisit Wamg à s’interroger sur le risque qu’une telle situation puisse se développer en RCA.

 

En second lieu, le constat fait depuis longtemps que l’univers médiatique est enclin (euphémisme) à n’aborder la vie des êtres humains qu’en des circonstances qui les atteignent dramatiquement. Que ce soit pour des causes dites « naturelles », ou pour des raisons dites « politiques ».

 

En d’autres termes, l’empire des événements.

 

Nous avions décidé d’orienter notre travail, ou notre prisme, de l’organiser autour de « la vie ordinaire ».

 

La vie ordinaire !

 

Qu’est-il possible d’entendre dans une telle expression : la vie ordinaire ?

 

Nous étions bien conscients de la vanité d’une telle ambition si nous limitions notre entreprise à un exercice de désignation, si nous nous contentions de « montrer »… Montrer quoi ? Montrer à qui ? Nous courions le risque de notre arbitraire. Mais surtout, les personnes rencontrées alors couraient, elles, ce risque mutilant.

 

Enfin, nous savons trop l’importance de ce que nous nommons « regard », mot si souvent employé avec confusion.

 

Ce séjour de 2008 nous permettait de constituer un matériel, ou un matériau si vous préférez, photographique et sonore. Nous avions conçu dès alors la nécessité de retourner par la suite à Bangui, sur place, de livrer ce matériau (à l’économie : ficelles tendues entre des arbres, pinces à linge, etc.), ce « regard » devenu concret à la critique des personnes rencontrées alors. Bien sûr sans exclusive.

 

Critique : mot, au singulier comme au pluriel, qu’il faut entendre non seulement en tant que commentaires critiques, mais aussi en tant que disposition intellectuelle, que faculté de distanciation.

 

Critique(s) donc que nous voulions envisager d’intégrer, d’une manière ou d’une autre, au livre alors projeté. Peut-être aussi voulions-nous anticiper des invitations à poursuivre le travail, à creuser le sillon…

 

Donner chair à l’échange des regards, en quelque sorte.

 

Malheureusement…

Nous avons intégralement autofinancé le voyage de 2008. Nous espérions, ou plutôt nous escomptions être en mesure, financièrement, de poursuivre. Pour différentes raisons, ici sans intérêt, ce ne fut pas le cas.

 

Un mot sur la photo, étant le photographe de l’équipe : dans un tel projet, dans ce qu’elle (la photographie) a d’immédiat, elle est un moyen de contact pratique : contacts physiques, presque, aux moments où vous faites, prenez les photos ; contact aussi en ce qu’elles invitent, lorsque par la suite vous les montrez, à l’échange et à la parole. En RCA, le palabre est agora : en tout cas, nous avions cette idée en tête.

 

Une autre considération, au sujet des photos du livre cette fois : certains Centrafricains éprouveront peut-être une forme de nostalgie, au vu de ces photos et sous l’éclairage des événements récents. Pour ma part j’y détecte plutôt – à les regarder – aujourd’hui – la possibilité, la gravité d’une détermination pour un avenir.

 

Nous avons dû assister depuis 2012 à ce que nous savons.

 

Wamg Boganda a su nous convaincre, Benjamin comme moi, d’une parole nécessaire. »

 

F.B.

9 décembre 2014

 

 

RAMANDJI sur Africa n°1, Vendredi 3 avril 2015

Agnès Wamg Boganda a été l’invitée de l’émission LE GRAND DÉBAT animée par Francis Laloupo, le 3 avril 2015, à la suite de la publication aux éditions DA TI M’BETI (nov. 2014) de RAMANDJI Ceux d’ici, République centrafricaine.

Cet entretien se déroule avec la participation de Jean-Pierre Mara, coordonateur du Cercle de Réflexion Wa A Za, animateur du Conseil National des Centrafricains.

 

Le Grand Débat du Vendredi 03 Avril 2015 - Africa N°1 www.africa1.com

 

 

RAMANDJI. 4eme de couverture

Bangui, décembre 2008. Un voyage, réfléchi depuis longtemps.

Mais d’abord écouter, voir.

Entendre l’intelligence de la vie pour vivre « ici »,

interroger la pertinence de celui qui existe en d’autres circonstances.

 

Surviennent les événements de décembre 2012,

puis leurs conséquences dramatiques et délétères

qui bouleversent la vie des Centrafricains.

Une nouvelle fois.

 

Ce livre dans son tout,

et dans ce tout le texte de WAMG BOGANDA,

est une parole adressée à « ceux d’ici »,

tous ceux qui vivent dans ce pays  – Tous. Et aussi,

« à ceux qui de par le monde sont au pays de leurs pères attachés. »

 

Au travers des textes et des photographies,

le livre tente une interrogation.

Une interrogation qui, ni théorique, ni partisane,

ne vise à aucun universel, à aucun tactique.

 

Une interrogation au plus près d’une réalité d’ici,

celle qui se rencontre, s’aperçoit, se parle, parfois se devine.

 

Parfois même se rêve.