"L'image, nécrose du reportage photographique" - Présentation du livre

Le reportage photographique n’a pas pour unique objet
les évènements majeurs, l’actualité immédiate. La vie quotidienne dans le monde moderne lui importe. Dans ce cas, nous sommes fondés à penser que la réalité, c’est-à-dire la possibilité même du reportage photographique, est susceptible de se trouver remise en cause. Pour longtemps.

Où se fonde cette idée que l’on peut voler une image ?
Aujourd’hui, l’individu forge son image, entend s’y attacher, la produire, la préserver, la monnayer.
L’éventualité d’une lisibilité singulière du monde nous a été
offerte par le reportage photographique. Elle peut disparaître.

La photographie est omniprésente.
C’est un fait, chacun d’entre nous dispose d’un index à la
main droite susceptible d’appuyer sur un déclencheur en
une occasion quelconque. De même, nous vivons dans un environnement proposant à satiété placards publicitaires sur les murs, publications dans les kiosques et autres manifestations culturelles.

Aussi, le mot image n’est-il pas appliqué aux images vues à la télévision ? L’origine et les utilisations premières de ce mot font allusion à l’immobilité de la représentation par rapport à l’être représenté.

Dans ce contexte, prononcer ces mots : image, photo, image photographique, reportage photo... dans une conversation courante conduit inévitablement à prendre conscience d’un état d’évidence. Domaine inconvenant du lieu commun.

Le flot, comme le flux, charrie de l’évidence.
Il convient d’interroger la confusion, si intimement liée à
l’évidence, dont semble pouvoir se satisfaire l’entendement social.

Erratum "L'image, nécrose du reportage photographique"

ERRATUM : L’image, nécrose… Page 65 :

à la place de : « Ce texte de Francis Busignies a été écrit en 2001. Début 2001. »

il faut lire :
« Ce texte de Francis Busignies a été écrit en 2002. Début 2002. »