"Le Songe de Vaux" - Présentation du livre

Nicolas Fouquet entreprend la construction du château de Vaux-le-Vicomte en 1656. Le 17 août 1661, le château terminé, il ordonnance une fête, fastueuse, en l’honneur de Louis XIV.

Le 5 septembre de la même année, il est arrêté sur ordre du roi, par d’Artagnan, et restera emprisonné jusqu’à la fin de sa vie.

Pour construire le château de Versailles, Louis XIV fera appel aux architectes, artistes et artisans dont Fouquet avait su s’entourer.

En 1659, Nicolas Fouquet avait demandé à Jean de La Fontaine, alors âgé de 38 ans, de décrire les splendeurs de Vaux. La Fontaine rédigera neuf fragments, sans fournir d’indication sur leur agencement. Ces neufs fragments seront réunis, dans une première édition posthume, en 1729.

Extraits de la préface à la présente édition :

… « Alors, serait-ce si mauvaise lecture ou à ce point déformée que de prétendre qu’il y eut peut-être volonté délibérée, à défaut d’être énoncée par le poète, à laisser ces fragments sans le vernis de cohérence qui à tout jamais réifie ? […]
Dans cet univers d’ordre et de symétrie, où chaque homme semble être à sa place par rapport aux autres et à la nature, l’angoisse est là, tapie, et se gorge des peines, des passions et des tourments.
À Vaux, elle peuple les plafonds, les voussures, les lambris et les grottes d’animaux bondissants ou rampants, aux formes inconnues des mortels. Elle s’accroche aux chaînes des tapis et des tentures. Elle glace la toile des tableaux.
Dans Le  Songe  de Vaux, elle habite les blancs. Elle se gave des silences et des écrits dérobés à la vue, abreuvée aux énigmes scellées jusqu’à la nuit des temps. Elle surgit dans l’absence, à l’interstice de deux fragments, à la césure d’une phrase, à l’hémistiche d’un vers. Serait-elle aussi le moteur secret du peuple des songes, « vains et frêles enfants d’une vapeur légère », qui forment des magasins de peine ou de plaisir ? L’angoisse n’en demeure pas moins ce qui étreint : « Hélas ! Dis-je, pour moi je n’ai rien fait encor ; je ne suis qu’écoutant parmi tant de merveilles : me sera-t-il permis d’y joindre aussi mes veilles ? Quand aurai-je ma part d’un si doux entretien ? Veillez, Muses, veillez : le sujet le vaut bien. »
Les yeux de l’Amour se noient d’épouvante alors que la Beauté, des ciseaux dorés dans sa blanche main, s’ apprête à lui couper les ailes. Les muses se taisent. Et Jean de La Fontaine tourne vers nous son regard voilé d’inquiétude. »

WAMG BOGANDA

"Le Songe de Vaux" - Recensions

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